2 ans après, les vagues et les marées



Ca y est , on y est, ou plutôt, on y était. Il y a presque deux ans on s’est envolé pour 7 mois d’aventures, dont 2 mois et demi à voyager au pays où l’on rêvait d’aller plus que tout autre.
2 ans se sont écoulés, 2 années pleine de doutes, d’incertitudes, de déceptions, de mauvaises nouvelles, de pertes douloureuses, de problèmes de santé, de remise en question de moi, des autres.
Deux années pleines de bouleversements où les 2 mois et demi aux USA étaient en réalité l’annonce de plusieurs mois difficiles et imprévisibles. On a l’impression parfois de tout pouvoir prévoir, de tout gérer. Que tout est acquis. On n’a peur de rien, on s’imagine que ça va durer toute la vie, que tout va bien se passer. On sourit bêtement. On est heureux.
Et puis, il y a des choses qui nous tombent sur le coin de la tête, comme ça sans prévenir.


Les rêves n'empêchent pas les tempêtes

On croit que ce n’est pas grave, que ça va passer, on relativise, et puis une autre mauvaise nouvelle arrive, et tout s’enchaîne sans qu’on n’est le temps de sortir la tête de l’eau. On se sent noyé sous les vagues, on perd pied.



J’ai l’impression qu’on n’a pas le droit d’être heureux des fois, ou plutôt que le bonheur est là où on ne l’attend pas. Parfois pendant des semaines, des mois, on met toutes les billes de notre côté pour être heureux, on part, on bouge, on réalise des rêves fous, on s’entoure de nouvelles personnes, on essaye d’aimer et d’être aimé, mais rien ne marche, la mayonnaise ne prend pas. Et puis d’autres fois, on ne fait rien, on va au boulot, on rentre chez soi, on fait à manger, on va promener son toutou, on discute, on partage un verre avec des amis qui nous sont cher, on rit, et puis tout roule, on est heureux, reconnaissant, sur un nuage.

Ce que mon déménagement à l'étranger m'a appris

Tout ça pour vous dire quoi ? Que j’ai l’impression que ce sont vraiment les choses simples qui nous rendent heureux. Que ça sert à rien de toujours vouloir chercher ailleurs si l’herbe y est plus verte. L’important c’est de faire ce qu’on a envie, genre VRAIMENT. Et surtout de s’en donner les moyens, ça c’est une autre paire de manche. Perso je suis du genre flemmarde, j’ai toujours 1001 envies, mais j’ai souvent la flemme de les réaliser.
Alors s’en donner les moyens c’est ma bataille de tous les jours, la procrastination vous voyez ? c’était ma spécialité. C’est vrai mes quelques mois à l'étranger m’ont peut être apporté ça: la motivation d'arrêter de tout remettre à demain. Car en voyant tout ce que je pouvais vivre en m’activant un peu la nouille, j’ai réalisé que j’étais capable de réaliser mes rêves les plus fous. C’est pas toujours facile, mais je crois que dans l’ensemble j’y arrive !
Et puis, ces voyages m'ont appris à ne plus avoir peur de naviguer seule aussi, c'est vrai qu'ils m'ont bien aidé à vaincre ça. Bon, c’est pas vraiment un choix de vie, disons que ça m’a été imposé régulièrement par la force des choses. Naviguer seule c’est quoi ?
Et bien c’est parfois devoir vivre seule, gérer des coups durs seule, gérer des factures seule, des réussites aussi, seule.
Vous savez ce genre d’épreuves, ou bien ce quotidien compliqué, durant lesquels vos proches vous disent : "sois forte, tu vas y arriver, t’es courageuse, toi".
Oui, on va dire que j'ai su l'être, m’enfin plutôt que j’ai pas eu trop le choix, car croyez-moi je ne suis pas une solitaire, loin de là. Mais aujourd'hui je n'ai plus peur d'être seule à bord de mon bateau.
Ou plutôt je ne ressens plus le besoin d'être forcément accompagnée par quelqu'un de proche. Ce qui me permet de réaliser de beaux projets, comme celui de partir en vacances en Asie avec aucune personne de mon entourage. Je suis vraiment fière d'avoir rendu réel ce projet.

Alors si quelque chose vous tiens à cœur mais que personne dans votre entourage proche ne peut ou ne veut réaliser ce projet avec vous, et bien faites-le seul ! N'ayez pas peur, si d'autres le font, vous pouvez y arriver ! Soyez déterminé.


Ces imprévus qui nous rendent plus forts

Ce départ, j’ai l’impression que c’était il y a 3 mois tant ces deux années sont passées vite bien qu’elles ont été très difficiles à vivre par moment. Quand on vécu à l’étranger, on ne peut jamais oublier cette période de notre vie. Et bien sûr, quand arrive la date anniversaire de départ, on est forcément obligé d'y repenser, pour peu que ça ait marqué notre vie.
Il y a deux ans on s’envolait, on prenait l’avion, sans dormir, on portait nos énormes sacs à dos, on oubliait nos vie d’avant, bien rangée, bien calculée, notre train-train, on rendait notre appart, on partait vivre la vraie vie, celle qui nous remue, celle que l’on rêve. On se pensait invincible. Mais la vie c’est aussi ça : des imprévus, des mauvaises surprises qui vous percutent, comme ça, sans raison, sans justice. Et puis finalement, qui vous rendent plus fort.
Puis un jour, tout se calme enfin. Vous êtes à nouveau heureux, naïf, insouciant. Vous profitez de chaque seconde, chaque jour, vous respirez profondément, souriez à vous en décrocher la mâchoire. Tout va bien. Jusqu’à la prochaine vague.


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C'est avec plaisir que je lirai ton mot doux :)